Je lis en ce moment – entre autres – le livre de Jean Sévillia, Historiquement correct. Je ne m’y connais pas énormément en histoire, mais j’adore ça, et ce livre est d’autant plus intéressant qu’il s’attache, chaque chapitre, à remettre les pendules à l’heure à propos d’une période historique qui fait l’objet de ce qui a donné son titre à ce livre : l’historiquement correct, c’est-à-dire une façon de voir le passé à la lumière du présent et surtout de le juger selon nos valeurs d’aujourd’hui. Ce qui est, selon Sévillia, l’erreur que doit absolument éviter l’historien. J’ai donc eu envie de partager un peu ce que j’en ai retenu, mais le mieux, c’est encore de le lire vous-mêmes !
La féodalité
Dans le premier chapitre, Jean Sévillia s’attaque à cette période très mal jugée qu’est le Moyen Âge. En effet, nous voyons généralement l’époque médiévale comme un monde obscurantiste et répressif, pratiquement barbare. Aux civilisations grecques et égyptienne le raffinement et la culture, au Moyen Âge les donjons et salles de tortures. Or, l’historien fait remarque que ce sont pourtant les premières, et non le second, qui reposaient sur l’esclavage.
L’historienne Régine Pernoud distingue quatre périodes : la première s’étend de la chute de l’empire romain à l’avènement des Carolingiens. La deuxième recouvre les deux cents ans de l’Empire carolingiens. La troisième serait l’âge féodal, du milieu du Xe siècle à la fin du XIIIe siècle. La quatrième, enfin, se compose des XIVe et XVe siècle.
Barbare médiéval
Du latin medius, le mot moyen signifie « au milieu », ce qui fait du Moyen Âge une période intermédiaire. Un intermède qui aura quand même duré plus de 1000 ans et qui recouvre des périodes très différentes et n’est pas nécessairement synonyme de stagnation. Les textes anciens sont connus, certains clercs maîtrisent aussi bien le latin que le grec, l’hébreu ou l’arabe, des cathédrales sont construites, l’architecture est recherchée, l’art, en particulier religieux, est prolixe.
« Barbare, les cathédrales gothiques d’Amiens, l’Ange au sourire de Notre-Dame de Reims, les vitraux de la Sainte-Chapelle, les chants grégoriens, les moines concevant la gamme, le rythme et l’harmonie, posant ainsi les bases de la musique occidentale, les clercs qui, au XIIIe siècle, fondent les grandes universités européennes, les astronomes et les médecins qui, en dépit d’une technique limitée, approfondissent l’apport des Grecs et des Arabes, préparant l’essor scientifique du monde moderne ? »
Barbare, le Moyen Âge ?
La situation de la femme
D’une manière générale, le Moyen Âge protège la femme, tenue pour faible et fragile. Il n’y a cependant aucune parité. Mais à la fin du XIIIe siècle, à Paris, on trouve des femmes médecins, maîtresses d’école, apothicaires, teinturières ou religieuses. Les progrès du libre choix du conjoint accompagnent la diffusion du christianisme, qui se bat pour limiter les annulations de mariage et la répudiation (coutume romaine et germanique), ce qui améliore la condition féminine.
Le mythe de la controverse au sein de l’Eglise pour savoir si les femmes avaient ou non une âme serait le fruit d’une méprise : « au synode de Mâcon, en 486, un prélat aurait soutenu « qu’on ne devait pas comprendre les femmes sous le nom d’hommes », utilisant le mot homo (être humain) avec le sens restrictif du latin vir (individu de sexe mâle). » C’est loin d’un débat qui aurait duré des siècles. Comment, dans ce cas, l’Eglise aurait-elle pu vénérer la Vierge Marie et sanctifier des femmes ?
L’organisation féodale
La féodalité, explique l’auteur, est un mode organisationnel tellement éloigné du nôtre, qu’il nous devient presque impossible de le comprendre. Sans être anarchique, cette société était pourtant loin d’être uniforme. Il en trace le genèse : après la chute de l’empire romain et les invasions barbares, certains hommes se sont, de fait, imposés sur un certain territoire et sont restés des pouvoirs locaux, de telle sorte que Charlemagne, en restaurant la puissance impériale, a du les reconnaître.
Jean Sévillia revient ainsi sur quelques mythes : le droit de cuissage, selon lequel le seigneur avait le droit de partager le lit d’une femme qui allait se marier, avant le mariage et le mari, n’a jamais existé. Il s’agissait en fait d’une taxe que les serfs devaient payer pour s’unir. De même, le droit de ravage, qui permet au seigneur de laisser ses chevaux ravager les champs des serfs, ou le droit de prélassement, autorisant le seigneur à faire éventrer deux serfs afin de se réchauffer les pieds dans leurs entrailles…
Le principe de vassalité nous reste cependant inintelligible : c’est un contrat d’homme à homme, qui implique le serf qui promet loyauté à son suzerain en échange de sa protection. Mais si le serf est un servant, ce n’est pas pour autant un esclave. Sa condition n’est pas aisée, mais il n’est absolument pas une chose dont le seigneur peut disposer à son gré. Il ne peut être expulsé de la terre qu’il travaille et a droit à une partie de son fruit. Il peut se marier librement et transmettre sa terre et ses biens à sa descendance. Certains hommes choisissaient volontairement le servage. Ce système disparaîtra progressivement, notamment sous l’impulsion du roi et de l’Eglise qui encourage à l’affranchissement. « A la mort de Saint Louis, écrit Jean Sévillia, le servage a pratiquement disparu en France. »
Les hommes médiévaux n’étaient pas non plus si enclins à la guerre que le mythe le prétend. Non seulement les vassaux du roi sont réticent à se battre, activité coûteuse et dangereuse, mais l’Eglise cherche aussi à maintenir un semblant de paix. Pendant la guerre de cent ans, les batailles les plus meurtrières concernent un millier d’homme. Etrange, remarque Jean Sévillia, que les hommes du XXe siècle, « dont les guerres ont provoqué des hécatombes », fassent référence au Moyen Âge comme à une époque violente.
Peu à peu, les capétiens instituent l’Etat, dont la légitimité est de moins en moins contestée et qui s’affirment aussi en face des autorités extérieures que sont l’empereur et le pape. Une communauté politique se met en place, et avec elle le sentiment national.
« Le Moyen Âge, c’est le moment où s’esquisse une aventure française qui dure depuis mille ans. L’ignorer, et caricaturer l’époque médiévale en règne de l’obscurantisme, c’est mutiler sa propre histoire. »
.Il y a sûrement beaucoup de raccourcis dans ce résumé, mais la place, le temps et la science me manque ! Les commentaires sont à la disposition de ceux qui veulent faire des rectifications !

Franchement, Barack Obama, il ne vous agace pas ? Même un peu ? Non ?
« Une connaissance proche du PS m’a dit que ça couchait dans tous les coins là bas. Genre DSK, c’est un sacré coureur de jupons, et ce n’est pas le seul.
