Les biocarburants : du bio pas si bien ?

Actuellement, on encense (et c’est pas peu dire) les biocarburants. La lutte contre le réchauffement climatique est devenu une priorité des pays occidentaux et les écolo de la dernière heure vantent avec véhémence les vertus de ces carburants… peut-être pas si bio que ça. Il s’agit essentiellement de l’éthanol et du biodiesel. Or, leur développement risque de s’accompagner de conséquences peut-être tout aussi difficiles gérer que celles de nos carburants actuels. Ils sont fabriqués à partir de maïs, de colza, de blé, voire de déchet comme l’huile de cuisine ou le suif. Ils sont utilisés mélangés à du carburant normal. Ils connaissent aujourd’hui, devant l’urgence de remplacer l’or noir, un certain engouement dans le monde entier. Les Etats-Unis envisage de les utiliser pour remplacer 7% du pétrole consommé. L’Union européenne s’est fixée un taux de 6% qui pourrait cependant passer à 10%. La consommation actuelle de biocarburant est de 15,5 millions de tonnes. Elle pourrait atteindre les 92,4 millions en 2030.

1149917124 Déforestation et crise alimentaire

Tout d’abord, les biocarburants favorisent la déforestation. Ils nécessitent en effet de libérer de l’espace pour ces nouvelles cultures. Or, les terres cultivables ne sont pas illimitées. La portée écologique du concept parait moins évidente. D’autant plus que parmi les pays ayant le climat le plus propice à la production d’éthanol, le Brésil et l’Indonésie arrive en tête, et la déforestation dans ces pays touche les plus grandes réserves forestières de la planète.

Un effet encore plus pervers se situe sur le marché de l’alimentation. Non seulement la demande croissante de biocarburants détourne les denrées des marchés alimentaires, qui en manquent déjà, mais du surcroît elle entraîne une hausse des prix des produits, qui là encore pénalise le plus durement les populations les plus pauvres. L’envolée de la demande de maïs, de colza… s’est répercuté sur toute la chaîne alimentaire et menace toutes les populations qui vivent essentiellement de ces cultures et pour lesquelles les changements significatifs de prix sont dramatiques. D’autant plus que les stocks mondiaux de céréales n’ont jamais été aussi bas depuis 30 ans. Si les prix des produits agricoles de bases ne baissent pas, plus d’un milliard de personnes dans le monde ne mangeront pas à leur faim d’ici à 2025, alors que s’ils se stabilisent, compte tenu des croissances économiques et démographiques, près de 16 millions d’individus pourrais sortir de la famine. Le plein d’éthanol d’un gros 4×4 nécessite autant de calories qu’il en faut pour nourrir une personne pendant un an.

Ecologiquement peu viable

D’autres part, d’un point de vue strictement écologique, ces nouveaux carburants ne sont peut être pas une si bonne solution. Les processus de production et de raffinage consomment finalement plus d’énergie que le carburant ne permet d’en économiser. Les cultures polluent les nappes phréatiques et exigent un grand nombre de pesticides et d’engrais. Leur efficacité n’est d’ailleurs pas exceptionnelle. Mais sous la pression de lobbys et des géants de l’industrie agricole, les politiques commencent à dicter leur loi au marché des biocarburants. En effet, les productions et les exportations d’éthanol sont devenus un marché lucratif qui pourrait déboucher sur une guerre commerciale entre américains et européens.

Les biocarburants de seconde génération

Un autre scénario est cependant possible. Ceux qu’on appelle les biocarburants de la seconde génération sont des combustibles ayant les mêmes vertus que celles que l’on accorde à la première génération, sans les conséquences qui les accompagnent. Par exemple, un carburant peut être obtenu à partir d’une plante, la jatropha curcas, qui n’est pas comestible et pousse sur des terres peu fertiles qui ne sont pas utilisables pour l’agriculture. Cette plante vénéneuse, qui pousse pratiquement toute seule et vit entre 40 et 50 ans, pourrait changer la donne énergétique, sinon dans le monde, au moins en Afrique. Les biocarburants à base de cellulose semblent aussi nettement plus prometteurs que ceux à base d’éthanol. Mais les recherches n’étant pas encore totalement abouties, il est difficile pour l’instant de proposer cette solution comme une possibilité viable pouvant remplacer les biocarburants de première génération. Les organisations écologiques attendent donc des gouvernements qu’ils favorisent la recherche pour les combustibles dérivés de la cellulose, mais aussi qu’ils encouragent l’utilisation et le développement d’énergies alternatives telles que les énergies solaires et éoliennes.

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