Excommunications à la chaîne

Difficile de ne pas réagir à une telle histoire. Une fillette brésilienne, 9 ans, violée pendant plusieurs années par son beau-père, tombe enceinte de jumeaux. C’est déjà le comble de l’horreur. Les médecins la jugent, en plus, inapte à mener à terme la grossesse sans mettre sa vie en danger. Deux médecins pratiquent donc un avortement. C’est à peu près à ce moment là que l’Église catholique a cru bon de fiche un peu plus en l’air son image déjà bien abimée et de prouver qu’Einstein avait raison : la bêtise humaine ne connait pas de limite. Un évêque brésilien n’a rien trouvé de mieux à faire que de prononcer une excommunication contre la fillette, sa mère qui a autorisé l’intervention, et les deux médecins. Le violeur, pauvre pêcheur, a droit au pardon, sans doute.

De l’incompréhension à l’indignation, l’affaire provoque beaucoup chez les fidèles catholiques qui commencent à se poser quelques questions. Personnellement, la vendetta que certains athées mènent à l’encontre de n’importe quelle religion m’exaspère tout autant que ces évêques mal embouchés. J’en ai un peu marre d’entendre parler de l’inquisition. C’était il y a cinq siècles. Il faut passer à autre chose. Je ne banalise pas les massacres qui ont eu lieu, et je suis tout à fait d’accord pour les condamner et pour condamner la façon de penser de l’Église d’alors. Mais c’était un autre temps, une façon d’envisager les choses radicalement différente de la notre aujourd’hui. Il ne faut pas juger le passé avec nos valeurs d’aujourd’hui. Ça ne sert à rien de faire de l’historiquement correct. Et puis il faut être un peu cohérent : ce sont les mêmes qui condamnent l’Église en la traitant de vestige du passé et en lui rappelant que l’on vit au XXIe siècle qui se servent de l’inquisition comme argument.

Pour en revenir à ce triste évènement, il provoque d’autant plus de remous que le cardinal Giovanni Battista Re, proche collaborateur du pape, soutient la décision de son collègue brésilien en précisant que c’est bien malheureux, mais que l’Église soutient le droit à la vie. Que la fillette risque de perdre la sienne en continuant la grossesse n’importe pas. Après tout, elle attendait des jumeaux. Deux contre un, elle perd. Tout simplement effarant. Le débat sur l’avortement est houleux et difficile, mais personnellement, je considère l’avortement comme l’un des droits basiques de la femme, car chacun doit pouvoir disposer de son corps comme il l’entend. Mais ce n’est pas la question ici. Le fait est que le Vatican semble de plus en plus éloigné de ses fidèles. Un véritable fossé s’est crée et continue de se creuser, à mesure que l’autorité catholique s’enfonce de plus en plus dans l’obscurantisme, la cruauté et l’intolérance. Quitte à ne pas apporter le soutient dont cette fillette a bien besoin et qui me semble pourtant correspondre à la mission de l’Eglise, il aurait été mieux de ne rien dire. Parfois, il faut savoir se taire.

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