Le Tibet et les droits de l’homme

Le Tibet est une région dite autonome (mais surtout malgré elle) de la Chine, de plus de 1,2 millions de km² de superficie, qui compte 6 millions de tibétains, auxquels ils faut ajouter près de 150 000 tibétains en exil. Le Tibet historique revendiqué par le gouvernement tibétain en exil (en Inde) est cependant beaucoup plus large (2,5 millions km²) que la région délimitée par les autorités chinoises. La capitale du Tibet est Lhassa, ce qui signifie Terre des Dieux. Les tibétains sont majoritairement bouddhistes, et leur chef spirituel est le Dalaï Lama. Tenzin Gyatso, l’actuel et quatorzième Dalaï Lama, est devenu, en 1950 et à l’âge de 16 ans, le chef de l’État et du gouvernement.

Construction historique

C’est au 7e siècle que le Tibet s’unifie, sous le règne de Songsten Gampo. C’est également à cette période que le bouddhisme fait son apparition à la cour et que Lhassa devient la capitale du pays. Cependant, au cours du 9e et du 10e siècle, la monarchie s’affaiblit et le pays connaît des scissions. Au 13e siècle, après la suprématie du chef mongol Gengis Khan, le Tibet devient peu à peu une théocratie : de nombreux monastères sont construits, le titre de Dalaï Lama est officiellement reconnu pour la première fois. Après une première occupation en 1911, la Chine investit finalement le Tibet en 1949.

A partir de 1949

En mars 1959, le peuple tibétain se soulève. Le Dalaï Lama est alors obligé de se réfugier en Inde, où il est resté depuis. Il sera suivi par près de 100 000 fidèles. Les autorités chinoises répriment dans le sang la révolte. 87 000 tibétains auraient perdu la vie. La Révolution Culturelle de 1966 1655185666atteint également le Tibet. La pratique de la religion devient interdite, les monastères sont détruits, les moines torturés, défroqués ou tués.

Le gouvernement en exil estime que 1,2 millions de tibétains sont morts des suites directes de l’invasion chinoise entre 1949 et 1979. Aujourd’hui encore, la torture est monnaie courante, non seulement dans les prisons, mais aussi à l’encontre des femmes, qui sont stérilisées ou avortées de force, et qui subissent des sévices sexuelles.

2008 et les jeux olympiques

Le 10 mars 2008, des manifestations sont organisées pour commémorer l’invasion chinoise de 1949. Mais le 14 mars, ces manifestations dégénèrent en émeutes, dont la répression fera 19 morts selon le gouvernement chinois, et près de 140 selon le gouvernement tibétains en exil. Pékin accuse rapidement "la clique du Dalaï Lama" d’avoir fomenté cette révolte, alors que le Dalaï Lama menace de quitter ses fonctions si d’autres manifestations antichinoises violentes devaient avoir lieu.

Le 16 mars, l’armée chinoise boucle Lhassa, enferme les moines dans les monastères et évacue tous les étrangers. A l’approche des Jeux Olympiques, la nervosité a grimpé d’un cran, car tous les regards convergents vers Pékin. Les violences se sont poursuivie, jusqu’à ce que la communauté internationale sorte peu à peu de son mutisme. Certains pays, comme l’Angleterre, l’Allemagne et la France, ont clairement dénoncé la répression chinoise. Mais ces interventions sporadiques n’ont pas suffit à obliger la Chine à modifier son comportement.

Et aujourd’hui ?

Mai 2009, plus d’un an après les premiers troubles qui ont fait du Tibet l’un des sujets préférés des médias pendant quelques mois, que se passe-t-il ?

D’après les archives disponibles sur le site de Reporters Sans Frontières, la liberté d’expression et les droits de la presse ne se sont pas amélioré au Tibet. Des journalistes tibétains sont arrêtés et torturés, la police menace de représailles les populations qui écoutent les radios internationales et qui consulte certains sites, et la presse étrangère est toujours interdite de séjour sur le territoire tibétain.

Amnesty International souligne que les droits humains ne sont toujours pas garantis. Les manifestations tibétaines se poursuivent, sans changements de discours de la part des autorités chinoises, qui continuent d’étouffer tous support au Dalaï Lama. Le gouvernement chinois refusent de laisser entrer spécialistes des droits humains et organisations humanitaires au Tibet, arguant que « le moment est mal choisi ».

En mars, un livre blanc a été diffusé par les autorités chinoises, « sur les cinquante années de réforme démocratique au Tibet », dans lequel elles accusent les occidentaux de soutenir le Dalaï Lama et son dessein séparatiste. Un musée a également vu le jour, qui retrace les bienfaits que les Chinois ont apporté aux tibétains.

Cependant, la communauté internationale ne s’intéresse plus tellement au Tibet et à la Chine, maintenant que les Jeux Olympiques ont eu lieu. Les chinois sont d’ailleurs les grands gagnants des JO. Bien que la communauté internationale se soit “mobilisée” avant et pendant les jeux pour demander poliment de respecter les droits humains (au moins devant les caméras), la Chine n’a pas modifié d’un iota sa façon de faire et elle n’a été l’objet d’aucune des sanctions promises. Depuis, la crise économique lui a volé la vedette, et les gouvernements semblent avoir d’autres chats à fouetter.

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