Le modèle économique français

«Et si les Français avaient raison…» titre Courrier International, qui reprend un article du londonien The Economist. Plutôt surprenant venant des britanniques qui, en bons libéraux, trouvent le système français trop interventionniste et trop protecteur. Des défauts qui se révèlent être des qualités en temps de crise économique.

D’après le magazine, le modèle français était très largement critiqué par à peu près tout le monde, à commencer par le président Nicolas Sarkozy. Pourtant, d’après le Fond Monétaire International (FMI), la croissance hexagonale devrait moins reculer que chez nos voisins européens. De plus, et c’est surprenant pour un Etat que l’on considère comme trop interventionniste, la dette publique française (6,2% du PIB) est très inférieure à celle des États-Unis (13,6%) et de la Grande-Bretagne (9,8%). Autre élément important, les français économisent plus que les anglo-saxons et sont beaucoup moins endettés. D’une manière générale, enfin, l’écart de salaire entre les 10% les plus pauvres et les 10% les plus riches est beaucoup moins important que dans le monde anglo-saxon, ramenant les inégalités à un niveau largement inférieur à celui des États-Unis.

Cover The Economist Les avantages du modèle français

The Economist, interpellé par ses chiffres insolents, se demande donc si «les français auraient réussi à trouver la solution, eux ?» Naturellement, la réponse est non. Cependant, le modèle français semble avoir des avantages non négligeables qui permettent de soutenir l’économie en temps de crise comme c’est le cas maintenant.

Tout d’abord, le système français supporte ceux dont la situation économique s’est dégradée. Le journaliste raconte son arrivée dans un village qui a connu de fortes pertes d’emplois et s’étonne de voir toutes les terrasses de restaurant occupées et les supermarchés bondés. C’est que «le système social français (et ses principes égalitaires) amortis l’impact de la récession», note-t-il. Ainsi, de nombreux logements sociaux sont fournis, la ville emploie des gens, des aides financières permettent aux ménages de garder la tête hors de l’eau le temps que la tempête passe. Les diverses allocations sociales sont une béquille fondamentale et l’une des bases du modèle français. Premier bon point pour les gaulois.

Deuxième remarque, les français adorent planifier. 21% des employés travaillent dans le secteur public, où l’emploi est moins menacé. La santé est garantie pour tous grâce à la couverture maladie universelle, «tout en préservant la relative bonne santé de la population, et ce pour un coût par personne moitié moindre qu’outre-Atlantique» affirme le journaliste. L’interventionnisme de l’État, plus que le reste, permet de stimuler la demande. Il fait de la planification, avec des projets de grands travaux, comme les métros. Selon le magazine, la première ligne de RER parisienne a été mise en service à la fin des années 1960, alors que son homologue londonien est prévu pour 2017. Le réseau ferroviaire français est l’un des plus performants à l’échelle européenne, voire mondiale, et représente une alternative écologique aux transports routiers et aériens. La planification concerne aujourd’hui l’enseignement, dont les «grandes écoles» qui ont «une stature mondiale.» Le journaliste soulève aussi la tendance française de tout réglementer. Ce qui est généralement horripilant et handicapant s’est révélé très utile dans le secteur financier en temps de crise. Les grandes banques françaises ont ainsi moins perdues que leurs voisines anglaises et américaine.

Les inconvénients des avantages

Donc, les britanniques se demandent : «et si les Français avaient raison ?». Or, le conditionnel n’est ici pas un hasard. La situation française peut être meilleure que celles des autres en ce moment, mais c’est parce que le modèle français est mieux équipé pour répondre à une situation de crise. Ce qui sont des avantages dans ces périodes troublées sont des inconvénients en temps normal. Les performances de l’économie française à l’échelle internationale sont médiocres, la réglementation bride le dynamisme des petites entreprises et les charges financières découragent la création d’emploi.

Le taux de chômage des jeunes de moins de 25 ans est de 21%, souligne le journaliste, qui fait le lien avec le système universitaire à deux vitesses, «exemple type d’un gâchis collectif.» La concurrence entre les universités, indispensable, selon le magazine, à la création de pôle d’excellence, est mal vécue et toujours rejetée par les syndicats étudiants. Les Français restent trop méfiants envers les tentatives de réformes du gouvernement. La conclusion du journaliste est sans appel. «En dépit de tous ses aspects positifs, le modèle français n’est donc pas encore assez flexible, car il rend la solidarité obligatoire sans susciter la croissance économique nécessaire à sa propre survie à long terme.»

L’article original sur le site de The Economist

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2 réflexions sur “Le modèle économique français

  1. It’s not really the rich pig that is the problem. A devil God union was formed into the TV side that belongs to the beast, english side. This god union goes into other countries taking control of the priests as well. The rich catholic man is forced to be christian to have a job and he becomes more evil.
    The TV man that is highly investigative and english in nature and plays the role of the policeman has a lot to do with it.

    • Hmmm… troll spotted ? I don’t even know if I should reply, if this is serious or in any way related to this article…

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