Révolution Neda

40 fichues et courtes secondes suffisent pour assister à la mort d’un être humain. La vidéo a fait le tour du net et a été visionnée des milliers de fois, ce qui fait titrer au magazine allemand Focus «Die Neda-Revolution.»

AFP Phénomène médiatique

Neda est une iranienne dont le décès a été filmé et mis sur Internet. Tout va très vite : elle tombe, des hommes se précipitent autour d’elle, tentent de la sauver, le sang sort de sa bouche et de son nez, son regard devient vide et quelqu’un crie son nom, Neda. En quelques heures, la jeune femme de 19 ans devient le symbole de la résistance au gouvernement iranien. Des pancartes évoquant son nom ou son visage se dressent, la colère des manifestants continue d’enfler, la solidarité se mobilise et des appels au deuil sont lancés en son souvenir.

Neda aurait rejoint l’une des manifestations pro-réformateur qui s’organisent dans la capitale. La milice a tiré, elle a pris la balle droit dans le cœur. 40 secondes documentent sa mort rapide. La télévision officielle a, quant à elle, rapporté les tirs et la mort de 10 personnes.

Génération Twitter

Le magazine Focus émet cependant une réserve et soulève une autre question, celle des sources. Twitter et YouTube se sont chargés de raconter l’histoire de celle qui est devenue une martyre de la résistance au gouvernement du président Mahmoud Ahmadinejad, mais comme le souligne le journaliste, et il n’est pas le seul, il n’y a pas de sources indépendantes qui viennent corroborer les faits.

AFP - Californie Dans l’un de ses billets sur la révolution twitter, le Chafouin s’interroge sur ce nouveau média. Les mesures prises par le gouvernement afin de limiter les manifestations (ralentissement d’internet et des téléphones mobiles) ainsi que l’interdiction faite aux médias étrangers de couvrir les évènements entretiennent un flou sur la réalité iranienne. Surtout, cela remet en cause la crédibilité que l’on doit accorder à des informations dont on ne connaît pas la source et dont on ne peut avoir confirmation. L’agence de presse Reuters rappelle dans ses dépêches que la situation des journalistes confinés dans leurs bureaux à Téhéran complique leur travail et qu’il faut donc entendre les nouvelles avec réserve.

Twitter, Facebook, YouTube et consoeur ne sont des médias qu’au sens strict du mot : ils permettent une communication. Mais ils ne donnent pas d’informations au sens journalistique du terme. Devenue symbole, la mort de Neda, tout aussi tragique qu’elle soit, se trouve au centre d’un engouement médiatique sans que l’on ne sache exactement ce qu’il s’est passé.

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