Viande, préhistoire et végétalisme

Qu'est ce que l'Homme ? « Coup dur pour les ayatollahs du tout végétal. En courant après des régimes alimentaires de plus en plus végétariens ou encore en sacralisant à outrance les animaux, au point de leur accorder plus de considération qu’à ses voisins d’en face, l’être humain serait sérieusement en train de faire fausse route. »

Aoutch. Le Devoir n’y va pas de main morte et la préhistorienne Marylène Patou-Mathis non plus. Selon cette dernière, la tendance actuelle d’humaniser les animaux et le végétalisme est non seulement contre nature, mais aussi dangereuse.

Chasser, socialiser

Mangeurs de viande. De la préhistoire à nos jours. Dans ce lourd ouvrage, Marylène Patou-Mathis y explique que « la consommation de viande a été le catalyseur de la séparation entre les grands singes, principalement végétariens frugivores, et les Australopithèques, les premiers hominidés. » C’est donc en mangeant de la viande (en très grande quantité, pratiquement autant que les loups, révèlent les analyses) que les hommes sont devenus hommes. La viande était aussi un vecteur social, la chasse instaurant la coopération et la notion de partage et de répartition des tâches.

Pour la préhistorienne, nous avons trop humanisés les animaux, voulant en faire des êtres de culture à notre image. « La course au progrès nous amène à rejeter de plus en plus notre nature animale et à rompre avec notre part de virilité, dit-elle. Nous voulons tellement nous affirmer comme des êtres de culture dont le bien-être, détaché de nos racines, ne peut être que technologique et matériel, que tout ça finit par aller contre nature. » Elle souligne que l’essentiel est de ne pas être extrême : ni trop de viande, ni pas assez. « C’est une question d’équilibre. La démesure, dans un sens comme dans l’autre, n’est jamais bonne. »

Vegetarien Extrêmes et gastronomie

Ce texte est très intéressant car il soulève un point de vue qui est presque devenu socialement incorrect dans certains cercles : les hommes sont omnivores, leur régime alimentaire comporte de la viande et il n’y a rien de scandaleux à cela. Cependant, certains commentateurs qui ont réagi à l’article sur le site du Devoir soulèvent des points intéressants. D’une part, l’agriculture également a été un vecteur social très important, et continue de l’être. D’autre part, même si se nourrir de viande n’est pas un crime, nous ne sommes plus à la préhistoire. On est six milliards d’êtres humains, ce qui lance de sacrés défis en matière d’alimentation.

Il y a quelque chose qui me gène dans la façon de raisonner de Marylène Patou-Mathis à propos des animaux. J’ai l’impression qu’elle tient le genre de discours qui place l’Homme au centre de la création, le reste de la Terre n’ayant d’autres buts que de Le servir. Les conditions dans lesquelles sont élevés certains animaux me pousseraient presque au végétalisme et même si la vie d’une mouche n’est pas plus importante que celle d’un homme, ce sont également des êtres sensibles qui ont le droit de vivre.

C’est donc bien une question d’équilibre. Se moquer des végétariens est stérile, d’autant plus qu’ils ont souvent une hygiène de vie plus saine que la moyenne, mais refuser catégoriquement de manger de la viande pour des raisons idéologiques me paraît l’être tout autant. « Les «enfants muets de la terre», comme disent les Orientaux, nous amènent sans relâche à mettre en question notre humanité. »

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PS & HS: Bonne fête nationale depuis l’autre côté de l’Atlantique !

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4 réflexions sur “Viande, préhistoire et végétalisme

    • Ou pas. Chacun a le droit d’exprimer ses opinions, même ceux qui ne pensent pas comme nous. Voltaire, tout ça tout ça… ‘Paraît que ça s’appelle la démocratie.

  1. Si les animaux vivaient en libertée, et qu’on en tuai un de temps en temps pour manger en lui laissant une chance de s’enfuir, ça serait naturel.
    Les élever dans des cages par millions, ça l’est quand même vachement moins…
    Et puis aujourd’hui on à Facebook pour se socialiser. (petite note d’humour)

    • Bonjour Tacha,
      Si les animaux vivaient en liberté et qu’on en tuait un de temps en temps, on n’arriverait pas à nourrir tout le monde. Et ça suppose aussi que tout le monde, ou au moins une personne par famille, sache chasser et puisse passer beaucoup de temps à le faire. Ça marchait peut-être à une certaine époque, mais aujourd’hui, on ne peut clairement plus faire comme ça ! C’est pas l’élevage qui me pose problème, il me semble que l’homme l’a toujours fait. Par contre, les conditions dans lesquels certains animaux sont élevés et tués, ou encore le fait que l’on produise beaucoup beaucoup plus de viande que nécessaire dans le monde occidental (une partie se retrouvant à la poubelle), là oui il y a quelque chose qui ne va pas. C’est sûr qu’il faudrait trouver des alternatives (la sauterelle est le boeuf de demain ! je plaisante, mais pas complètement, après tout les insectes sont mangés dans plein de pays du monde et c’est plus simple à élever que les canards !). Mais si c’était simple, je pense que plein de gens très intelligents auraient déjà trouvé la solution !

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