Prostitution: qui sont les clients ?

« Ce soir, j’ai envie de thaï. » L’homme qui dit ça à visage couvert devant la caméra ne parle pas de gastronomie, mais de femmes. Dans un reportage de moins d’une heure tourné à Lille, dans le nord de la France, et en Belgique, le journaliste Hubert Dubois décortique l’identité du client de prostituées et ses motivations.

cv_prostitution_1006 Payer pour du sexe

Tous parleront à visage couvert, comme pris d’une certaine honte et conscients du mépris de la société à leur égard. Tous, sauf un, qui résume la nature de la prostituée aux yeux de ses clients. « Il y a des fois, on a envie d’une femme, ici et maintenant, mais on se retient, car c’est une femme et on la respecte. Avec une prostituée, si je veux faire quelque chose, je le fais » Cette question de respect et d’objectivation du corps humain revient perpétuellement. L’amateur de «thaï» explique à la caméra d’un air expert que « pour avoir le service complet, entrée, plat et dessert, c’est minimum 200 € . »

Presque tous utilisent ce vocabulaire cru et violent, comme s’ils parlaient d’un objet. Une seule fois un client dira « faire l’amour », les autres utilisent les synonymes les plus vulgaires les uns que les autres pour nommer un coït gênant et culpabilisant. De même, ils payent des « putes », mais pas des « femmes », une nuance caractéristique du malaise qui semblent les prendre devant la caméra inquisitrice d’Hubert Dubois.

Identité masculine

L’une des justifications principales est celle du besoin et de l’identité masculine. Par nature, un homme devrait avoir une sexualité régulière. « Après, on se sent des mecs », dit un client avec une pointe de fierté dans la voix. Un argument ridicule d’après Stéphanie, de la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES). Selon elle, il ne faut pas confondre besoin et envie, un amalgame que font pourtant les clients et qui traduit en réalité la relation de pouvoir et de domination entre eux et les « travailleuses du sexe. » C’est cette sensation de pouvoir plus qu’un véritable besoin qui conduit un client sur deux à retourner voir une prostituée après la première fois.

Une autre excuse donnée est qu’ils n’ont pas envie de « prise de tête », de complications, de jeux de séduction et de disputes. Bref, ils n’ont pas envie d’un couple. « Si je n’y allais pas, je n’aurais pas maintenue mon mariage, affirme l’un d’eux, car ma femme n’accepte pas tout. » Le recours aux prostituées permet de maintenir une relation sans implication émotionnelle mais, paradoxalement, les psychologues s’accordent pour dire qu’une grande partie des clients recherchent précisément de l’affection et de l’attention. D’où l’apparition d’un nouveau genre de prostitution, qui passe par la simulation d’un rendez-vous galant.

Pour Rhéa, militante de la CLES, ils séparent pourtant complètement l’amour du sexe. « Ce n’est pas une relation, il n’y a pas de réciprocité. Payer pour du sexe, ça veut dire que tu imposes ta sexualité à quelqu’un. » Payer permet aussi de soulager sa conscience, et de se disculper. « Après tout, personne ne les force », affirme un client.

Consentante ou contrainte?

Et pourtant, la prostitution constitue rarement un choix, mais plutôt une absence de choix. « 97% des filles font ça contraintes », affirme Ulla, ancienne prostituée chef de file des travailleuses du sexe françaises. « Ce n’est qu’une source de revenu, rien d’autre. » Les clients n’ont toutefois pas la même perception des choses. Les prostituées souffrent-elles? La plupart des clients interrogés par Hubert Dubois pensent que non. « Quand on mange un bifteck, on ne se demande pas si la vache a souffert. » Ont-elles du plaisir lors de l’acte sexuel? « Bien sûr, affirme l’un d’eux. Je peux le sentir, et puis elles se font entendre. » Certains clients posent la question mais « quand ils demandent, c’est presque une réponse qu’ils se donnent », dit Ulla.

« Ils vivent dans le déni », explique Michèle Roy, de la CLES. Tous se déculpabilisent comme ils peuvent: en mettant en avant la compensation financière, en affirmant n’aller voir que des filles consentantes qui ne travaillent pas sous la contrainte, en refusant de fréquenter des mineures… « Ce ne sont que des prétextes, tranche Michèle Roy, ils refusent de voir la réalité en face. » Un ancien client, qui a cessé de recourir aux prostituées, confirme: « l’homme aussi est coupable. Ce n’est pas normal, on n’achète pas un corps. On peut tout acheter, mais pas un corps humain. »

Les clients, reportage d’Hubert Dubois

Le site Internet de la Concertation de lutte contre l’exploitation sexuelle (CLES)

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Une réflexion sur “Prostitution: qui sont les clients ?

  1. Toujours le mensonge par omission, l’amalgame et la caricature, les grandes courtisanes et les actrices porno ne sont pas toutes « forcées » et de nombreux hommes viennent voir des prostituées pour être soumis et humiliés, certaines professionnelles avouant prendre un certain plaisir à rabaisser ces clients masos. Et il y a des « putes » et des « michetons » qui entretiennent d’excellents rapports, basés sur une amitié sincère, voire de l’amour et un respect mutuel, ces dames savent se faire respecter aussi, elles ne sont pas les petites filles débiles, telles que les féministes d’arrière garde nous présentent, sans jamais leur donner la parole. Mais dire cela, c’est déjà être un odieux macho, ce n’est pas politiquement correct.

    Les abolitionnistes prétendent que toutes les prostituées sont forcées, les féministes affirment que celles qui se disent libres ont été conditionnées par la société machiste, par contre, les travailleurs du sexe, reconnaissent qu’il y a des esclaves sexuels et que ce n’est pas une raison pour tout mettre dans le même sac, c’est là, toute la différence entre les gens qui connaissent le sujet et les manipulateurs puritains. Il y a des enfants exploités pour fabriquer vos chaussures, faut-il interdire le travail ? Et tant qu’on y est puisqu’il y a des viols, toutes les femmes sont forcément violées, demandons la castration de tous les hommes.

    Beaucoup de prostituées défendent le système tant qu’il leur rapporte et viennent ensuite pleurnicher, une fois que les affaires sont en chute libre, en fustigeant ce métier. Elles sont souvent très ambiguës avec leurs macs et rappelons aussi que, concernant le centre de Paris, ces macs ont disparus depuis longtemps, préférant le commerce de la pornographie, cette prostitution admise et moins risquée pour eux. Si vous ne voulez pas d’esclaves sexuels, commencez par dire stop à l’immigration de masse et à l’Europe ultra libérale que l’on nous impose avec un Espace Schengen, véritable passoire pour toutes les crapules possibles.

    Le politiquement correct veut que les femmes soient des oies blanches mais la réalité nous prouve chaque jour le contraire. La diabolisation des hommes, ça suffit aussi, les lois n’ont pas à être fabriquées sur la pression de quelques féministes borgnes et manipulatrices, mais sur la concertation entre toutes les parties, à commencer par les personnes prostituées qui ont choisi cette voie par vénalité, elles existent aussi et il y a des hommes parmi elles.

    Aujourd’hui c’est le client, demain ce seront les maris tous suspectés d’humilier leurs femmes et pendant ce temps, les macs continueront de fournir de la bidoche à nos « amis » du PS, de l’UMP et du MEDEF, dans les hôtels de luxe, quant aux racailles de banlieue, elles continueront de violer impunément nos filles, avec la bénédiction des socialistes et des petits juges du Syndicat de la Magistrature qui relâchent systématiquement ces petits maquereaux violeurs, rendus irrécupérable par le laxisme d’une gauche qui a en plus, eu le culot de proposer cette loi stalinienne de pénalisation des clients. Deux poids, deux mesures, c’est ça l’idéal socialiste ?

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