A contre-Coran

vie-contre-coran Ma vie à contre-Coran est le résultat du travail précis et de l’expérience personnelle de Djemila Benhabib. Née en Ukraine, élevée en Algérie, dans une famille de scientifiques épris de liberté et de connaissance, la jeune Djemila s’enflamme très vite pour des valeurs telles que la liberté de conscience, la liberté religieuse, les droits des femmes et les droits humains. Mais dans la décennie noire de 1990, son pays connaît une islamisation qui force la famille Benhabib à l’exil, vers la France, pour échapper à la mort promise par le Front islamique du salut (FIS). Djemila finira par partir seule vers le Québec, où elle vit depuis.

L’islamisation de l’Algérie

Comment les islamistes intégristes peuvent prendre en otage un pays, imposer de nouveaux codes de vie, et instaurer une véritable terreur? Comment ces mêmes groupes, dans les sociétés occidentales, ont de plus en plus d’influence et réussissent à contrôler les populations immigrées, de sorte à créer une société dans la société qui n’obéit plus qu’à ses propres règles, celles de la Charia ? Djemila Benhabib sait tout cela sur le bout des doigts, elle l’a vécu, en direct, au fur et à mesure que la situation, en Algérie, allait de pis en pis. Écrire a cependant été une épreuve: « C’était très privé. C’était aussi très douloureux. Mais j’étais arrivée à un point de ma vie où j’avais le devoir de témoigner. Je ne l’ai pas fait pour le plaisir de raconter ma vie, mais pour que les gens sachent et comprennent, qu’ils prennent conscience des enjeux et du danger de l’islamisme politique, qu’ils décident de le combattre. »

Les fondamentalistes dans les sociétés occidentales

1994, Oran: la famille Benhabib quitte l’Algérie pour survivre, à cause des menaces de mort du FIS. Ils ont déjà perdu tellement d’amis, « de véritable trésors, humainement. » Mais arrivés en France, là où ils devaient être loin de tout fondamentalisme religieux et à l’abri, ils voient le spectre de l’islamisme politique s’insinuer dans les familles immigrées et dans la société. Djemila part alors au Québec seule, ce qu’elle vit comme une véritable renaissance. Cependant, depuis quelques années, elle constate dans son nouveau pays d’adoption le même processus que celui qu’elle avait constaté en France. Les accommodements raisonnables, une notion québécoise qui promeut l’adaptation de la norme nationale aux spécificités religieuses et culturelles des immigrants, ont été le comble.

Le danger, pour elle, est « de faire passer du politique à travers des revendications culturelles et religieuses. L’islamisme est politique, certainement pas religieux ou culturel. Le religieux appartient à la sphère privée. La société n’a pas besoin d’endosser les choix confessionnels de chacun. » Elle estime que la commission Bouchard-Taylor, qui a statué sur les accommodements raisonnables, aurait du permettre un débat sur la place de la religion dans l’espace public, ce qui n’a pas eu lieu.

« La première chose est de poser le diagnostic. Il faut reconnaître le danger et le combattre. Il est intolérable qu’aujourd’hui, au Canada, dans des caves à Montréal ou à Toronto, des imams déversent leur haine du monde occidental et appellent à la violence. Ils embrigadent les jeunes. »

Djemila Benhabib provoque le débat et les passions. Son vécu et ses positions, elle qui n’a pas peur de « se dresser contre les fous d’Allah », lui valent autant d’admiration que de haine, à tel point qu’elle a reçu des menaces de mort. Elle ne cessera pas pour autant son combat, au nom des valeurs fondamentales que sont l’égalité entre les hommes et les femmes, la liberté d’expression et la laïcité. Rencontrer Djemila Benhabib a été un privilège, une véritable leçon de tolérance et d’engagement, qui met en garde contre tous les fondamentalismes en évitant le piège des idées reçues.

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Ma vie à contre-Coran, de Djemila Benhabib, a été publié au Québec aux éditions VLB

Nota Bene: Djemila Benhabib est, c’est le moins que l’on puisse dire, une figure controversée au Québec. Quasiment dès que l’islam est abordé, elle a un point de vue, généralement assez critique à l’égard de la religion, certains diront même virulent. Je ne suis personnellement pas d’accord avec tout ce qu’elle a pu dire ou écrire. Je pense cependant que c’est vraiment une personne admirable, qui ne se tait pas malgré les menaces de mort et qui assume totalement ses opinions.

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