Les matriarches Mosuo

Portrait de femmes. Dans une communauté ethnique du sud de la Chine qui existe depuis 2000 ans, les femmes détiennent  le pouvoir. L’amour est libre, le mariage n’existe pas. Il n’y a ni pères, ni maris, les femmes sont les chefs. Elles travaillent et prennent les décisions seules, transmettant l’autorité de mère en fille. Nadia Ferroukhi parcourt le monde pour photographier ces sociétés matriarcales. Elle expose à la médiathèque José Cabanis de Toulouse, dans le cadre du festival Made In Asia.

Autorité de femmes

En langage Mosuo, les mots comme « jalousie », « mariage », « viol » n’existent pas. Les femmes et les hommes peuvent s’unir en toute liberté, et c’est la femme qui décide si son partenaire sera le compagnon d’un soir ou de toute la vie. La chef de famille s’occupe des affaires économiques et sociales de la maison, elle décide des travaux agricoles et de l’organisation domestique. Elle est responsable du bien-être de la famille. Les enfants sont élevés par leur mère et leurs oncles, le père n’a aucune autorité en matière d’éducation. Un homme quitte la maison de sa mère uniquement si son amante accepte de vivre avec lui. Mais la possession, en amour, reste exclue de la tradition mosuo. « Chez les mosuo, les décisions importantes appartiennent aux femmes », résume Nadia Ferroukhi. Elle précise cependant que, sous l’influence des autorités chinoises qui n’apprécient pas ce fonctionnement, ce mode de vie est menacé.

De la société matriarcale aux concubines

Dans la médiathèque, l’étage du dessus est consacré à une toutes autre exposition : Le retour des concubines. Axelle de Russé, la photographe, illustre la vie de ces femmes qui ne vivent que pour être belle au yeux d’un homme et dépendre de lui. Traditionnellement, le statut d’un homme chinois est lié au nombre de femmes qu’il entretient. Jugeant la pratique décadente, les communistes l’ont interdite. Elle réapparaît cependant aujourd’hui.

Ces deux expositions, ces deux visages de la femme en Chine, sont très intéressantes. Les sociétés matriarcales m’interpellent. Par opposition à nos sociétés patriarcales dans lesquelles les femmes doivent encore lutter pour être à égalité avec les hommes, imaginer une vie d’Amazone fait sourire avec complaisance. Pourtant, pour moi, le féminisme, ce n’est pas viser une société dirigée par les femmes, mais assurer l’équité entre les deux sexes.
Chez les Mosuo, la vie est très harmonieuse. « Probablement l’une des sociétés les plus harmonieuse du monde », m’a dit la responsable de la médiathèque. À quel point cette harmonie dépend-elle du pouvoir des femmes, c’est la question que je me pose.

Voici le reportage que j’ai réalisé avec une collègue sur cette exposition, pour un de nos cours. C’est ma voix en off, juste pour information !

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3 réflexions sur “Les matriarches Mosuo

  1. Bonjour
    Travaillant sur un projet documentaire, j’aimerais vous poser quelques questions par rapport aux sociétés matrilinéaires, pourriez-vous me contacter par mail svp. D’avance merci

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