Sexualité humaine vs sexualité animale ?

La sexualité humaine est-elle encore animale ? « Bien sûr, répond Dominique Lestel, philosophe et maître de conférence à l’ENS. Comment pourrait-il en être autrement ? ». Au cours d’un cycle de conférences organisé par la Cité des sciences sur l’origine de la sexualité, Dominique Lestel est intervenu sur la question de la part d’animal qu’il reste en nous.

Dominique Lestel a relevé toute une liste de particularités qui rendent de la sexualité humaine plus complexe que celle des autres espèces. Tout d’abord, l’être humain intellectualise beaucoup. Il y a des interdits, des codes, des secrets, de la pudeur et de l’inventivité. Notre sexualité est pleine de concepts. L’être humain est également l’un des seuls animal à tomber amoureux, bien que des comportements similaires aient été observés chez d’autres espèces, comme les oies grises, qui forment un couple, semblent se disputer et éprouver de l’affection. A l’inverse, l’Homme est bien le seul animal à refuser la sexualité. Selon le philosophe, quand les animaux n’ont pas de rapports sexuels, c’est qu’ils ne peuvent pas en avoir. Il n’y a que dans l’espèce humaine que des individus font le choix de rester continents.

L’un des aspects les plus importants de notre sexualité, c’est l’existence d’interdits, de normes, bref, d’une codification sociale, affirme Michel Bozon, sociologue et directeur de recherche à l’Institut national d’étude démographique. La sexualité est une construction sociale, et ce qui est acceptable comme ce qui ne l’est pas est défini par la communauté. « Elle repose sur un substrat biologique, explique Michel Bozon, mais la nature n’explique pas la pratique, l’organisation et la transformation de la sexualité humaine. Il n’y a pas d’état de nature. »

Pour Dominique Lestel, cette volonté de différencier l’homme et l’animal n’est pas innocente. C’est une aspiration récurrente de l’Homme que de vouloir sortir de l’espèce. Michel Houellebecq imaginait ainsi un ‘néo humain’ qui dépasserait la sexualité, et ne la comprendrait même plus. Mais nous en sommes encore loin, affirme le philosophe : « l’Homme est particulier, mais il reste un animal comme les autres. »

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