De l’opportunisme en politique

Décidément, le meurtre de Laëtitia aura fait couler beaucoup d’encre. Après les recherches, longues et difficiles, la découverte du corps et de la barbarie de son bourreau, ce sont les politiques qui récupèrent l’affaire. Encore une fois.

Donc, Sarkozy accuse les magistrats d’avoir fauté, lesquels magistrats, indignés, ont décidé d’une semaine sans audience, en signe de protestation. Il n’est pas question ici de débattre de la responsabilité de la justice ou du politique dans des termes techniques. D’une, ce n’est pas dans mes cordes. De deux, il y en a qui le font très bien et certainement bien mieux que moi.

Ce qui me lasse un peu, comme à peu près tout le monde (et comme un bon nombre d’internautes qui s’expriment sur les sites de la plupart des grands médias), c’est l’opportunisme écœurant dont font preuve les politiques, au premier rang desquels Nicolas Sarkozy. Ce n’est pourtant pas la première fois qu’il est critiqué pour cette démagogie qui se cache à peine, et pourtant il persiste. Pour un homme qui prétend avoir changé, il fait preuve d’une étonnante et irritante constance. Un drame défraye la chronique ? Vite, une loi ! Tout de suite, il faut battre le fer tant qu’il est encore chaud, même si le fer en question se révèle une coquille vide inapplicable. Le temps que l’on se rende compte qu’on ne peut rien en faire, les électeurs seront passés à autre chose, eux. Et pour faire bonne mesure, la Justice fera un bouc émissaire tout à fait correct. Je ne dis pas que la justice n’a aucune responsabilité dans cette histoire. Honnêtement je n’en sais rien. Mes connaissances en droit sont rudimentaires, et puis je n’y étais pas. Pour autant, je connais suffisamment de personnes dans la justice pour savoir que les magistrats ne sont pas tous des corrompus arrogants et fainéants qui méritent l’anathème. De plus, la charge étant dirigée par un président qui n’a cessé depuis le début de son mandat, et même avant, de railler et dévaloriser la Justice autant que la police, j’aurais tendance à ne pas donner beaucoup de crédit à ses mots. La Justice n’est pas parfaite, comme dans tous les corps de métier, on y trouve des gens admirables et des gens méprisables. Ça ne signifie pas que l’intégralité de la profession soit vérolée…

Alors, à qui la faute ? Pourquoi un homme tel que celui qui a pris la vie de Laëtitia a pu être remis en liberté ? Et bien parce qu’on ne met pas en prison quelqu’un pour quelque chose qu’il n’a pas fait. Je suis peut-être bien jeune et bien naïve, mais il me semble que dans un état de droit démocratique qui donne valeur constitutionnelle à la présomption d’innocence, on ne condamne pas quelqu’un pour ce qu’il pourrait faire. Et parce que les tribunaux aujourd’hui sont engorgés et que les magistrats n’arrivent pas à tout traiter. Cela semble facile à dire, et c’est une explication plus qu’insuffisante, mais elle est tristement exacte.

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