Dans les coulisses du port de Hong Kong

Le port de Hong Kong est l’un des plus grands et des plus actifs du monde. Limité par un territoire étroit, il a fait le pari de l’efficacité jusqu’à devenir un modèle de compétitivité. Y compris pour la France, en pleine réforme portuaire. Visite avec Hong Kong Accueil.

Il est 11h quand la visite commence. Dans les locaux de la compagnie Hong Kong International Terminals (HIT), une employée rassemble les curieux autour d’une maquette du port des conteneurs de Hong Kong. Exceptionnellement, la tour de contrôle et le port ouvrent leurs portes ce 15 avril pour faire découvrir à quelques chanceux le fonctionnement de l’un des plus importants ports du monde, et certainement l’un des plus efficaces.

Le port ne dort jamais
Depuis plus de 40 ans, le port se développe. Les Anglais, en premier, ont vite compris l’intérêt stratégique de Hong Kong, situé en eaux profondes et donc propice au commerce. Ouvert en 1966, il connaît une importante croissance dans les années 1980, ce qui conduit à la construction de terminaux supplémentaires, jusqu’en 2007 et l’ouverture du neuvième terminal. Aujourd’hui, il n’y a quasiment plus d’industrie à Hong Kong et la majorité de son activité repose sur le tertiaire. Une activité dans laquelle le port joue un rôle clef. 35% des conteneurs reçus par le port sont acheminés depuis la Chine par camion.
Autour de la maquette, l’employée qui mène la visite énonce les chiffres. Neuf terminaux, dont quatre sont gérés par HIT, l’un des cinq opérateurs privés qui gèrent le port. 7.000 conteneurs qui passent chaque jour. Moins de dix heures pour charger et décharger un navire, dont certains peuvent transporter quelques 10.000 conteneurs. Et 1.000 barges, des bateaux dont la mission est de transporter les conteneurs entre le port et les navires qui restent au large, autant pour des raisons financières (aller jusqu’au port coûte plus cher à un bateau) que pour gagner du temps. A l’image de sa ville, le port de Hong Kong ne dort jamais. « Même pendant les typhons, l’activité est suspendue, mais le travail continue », affirme l’employée qui nous entraine ensuite vers la salle de contrôle.

La bataille de la productivité
La salle de contrôle, c’est le centre nerveux du port des conteneurs. Le port est aujourd’hui confronté à un problème récurrent à Hong Kong : la place. Il lui faudrait se développer davantage, mais l’espace fait défaut. Pour pallier cette faiblesse, HIT compense par l’ingéniosité. Les terminaux sous la responsabilité de l’opérateur privé sont gérés par un logiciel de pointe qui détermine l’utilité maximale de chaque mouvement. Le crédo : le moins de mouvements possible pour un maximum d’efficacité.

Grâce à ce logiciel, on sait tout, ou presque, sur chaque conteneur : où il va et d’où il vient, combien il pèse, quand il doit être chargé ou déchargé, et bien sûr, sur quel bateau. Ce système de gestion en temps réel prend tout en compte et détermine le chemin le plus productif pour chaque conteneur, qui sera ensuite déplacé en quelques minutes. Depuis sa création, l’opérateur HIT a ainsi traités plus de 90 millions de conteneurs.

C’est cette bataille pour la productivité qui fait de Hong Kong le troisième port d’Asie et l’un des ports les plus actifs du monde. Le 15 avril, Thierry Mariani, secrétaire d’Etat au transport, a visité le port dans le cadre de sa visite officielle à Hong Kong, avec une grande attention. « En France, nous sommes en train d’achever la réforme portuaire », a-t-il expliqué lors de la conférence de presse. Un « travail de modernisation » qui vise à « redonner aux ports français leur niveau de compétitivité ». Une opération dans laquelle Hong Kong est très certainement un modèle de choix. Si l’Etat conserve la propriété des ports, la gestion est maintenant ouverte à des opérateurs privés. Et éveiller l’intérêt de compagnies hongkongaises « serait un signe très encourageant » a affirmé le secrétaire d’Etat. « Hong Kong a des succès renommés, en matière portuaire ».

Bientôt 13h, et la visite s’achève. Au cœur de l’économie de Hong Kong, le port des conteneurs est une ville dans la ville. Il possède la plus grande capacité de conteneur du monde et absorbe plus de 60% de l’activité globale du port. Notre guide nous quitte et nous retraversons le port pour en sortir. L’activité est à son comble, comme chaque jour de l’année.

[article écrit pour lepetitjournal.com/hongkong]

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