Hong Kong, terre promise des femmes enceintes

En deux décennies, le nombre de femmes chinoises continentales venues donner naissance à Hong Kong est passé de quelques centaines à plus de 40 000 en 2010, soit la moitié des naissances du territoire. Un phénomène qui inquiète les autorités hongkongaises.

Il y a quatre ans déjà, l’histoire a connu quelques rebonds : le gouvernement de la région autonome spéciale de Hong Kong annonce son intention de réduire drastiquement le nombre de mères de Chine continentale qui viennent accoucher sur le territoire. Le mouvement a pris une telle ampleur qu’il devient difficile pour les citoyens de Hong Kong de trouver un lit d’hôpital en prévision de l’heureux événement et les médecins tirent la sonnette d’alarme. York Chow, ministre de la santé et de l’alimentation, cède à la pression : « Il y a un réel besoin de contrôler le nombre de femmes enceintes de Chine continentale qui viennent à Hong Kong. Un numerus clausus sera établi pour préserver la qualité des soins natals dispensés à Hong Kong. »

Certificat d’accouchement
Aujourd’hui, le problème reste plus que jamais d’actualité. Fin avril, le gouvernement a réaffirmé la nécessité d’enrayer le flux de femmes enceintes venant du continent et de donner la priorité aux futurs parents hongkongais. Désormais, les femmes enceintes de plus de sept mois ne pourront plus passer la frontière sans un certificat délivré par le ministère de l’immigration de Hong Kong et une preuve de réservation d’un lit d’hôpital. Le gouvernement doit encore décider du nombre de certificats qui seront délivrés chaque année.

Le but : éviter que de nombreuses femmes se présentent dans les maternités déjà surchargées. Le Queen Elizabeth Hospital, proche de la gare qui accueille les trains venus de Chine, voit ainsi régulièrement arriver des femmes sur le point d’accoucher. « Nous devons être particulièrement attentifs et prudents, parce qu’il y a un important risque de complications pour ces femmes-là », a expliqué au New York Times le Dr. Cecilia Cheon, du service obstétrique.

Un business florissant
Autre défi pour les autorités : démanteler le réseau des agences spécialisées qui organise cette migration, fait payer les futures mères chinoises et corrompt les médecins. Car le jeu en vaut la chandelle : bien que, ces dernières années, la politique de l’enfant unique soit appliquée avec moins de sévérité en Chine, nombreuses sont celles qui s’expatrient pour mettre au monde un second ou un troisième enfant et échapper aux sanctions financières. De plus, un enfant né à Hong Kong y gagne une autorisation de résidence à vie, une éducation gratuite jusqu’à 12 ans et l’accès à l’un des meilleurs systèmes de santé d’Asie.

Le ministre de la santé et de l’alimentation York Chow a annoncé plus de sévérité contre ces agences et contre les médecins qui acceptent de travailler avec elles. Selon le ministre, certains de ces professionnels de la santé auraient, en échange d’avantages, obtenu des lits pour les futures mères de Chine populaire, quand bien même les hôpitaux étaient surchargés. Quitte à provoquer un accouchement prématuré, mettant ainsi en danger la santé de la mère et de l’enfant.

[article écrit pour lepetitjournal.com/hongkong]

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