I Wish – Un diamant d’innocence

Sur l’île de Kyushu, au Japon, deux frères vivent séparés suite au divorce de leurs parents : Koichi, 12 ans, vit avec sa mère et ses grands parents au sud de l’île tandis que son petit frère, Ryunosuke, a choisi de rester avec son père dans le nord. Lorsqu’un TGV relie enfin les deux régions, ils décident d’entreprendre un voyage clandestin pour assister au premier croisement des deux TGV. Persuadé que l’énergie dégagée, comme une étoile filante, leur permettra de faire un voeu et ainsi, peut-être, de réunir leur famille éclatée.

En général, je n’écris pas sur les films que j’ai vus. Je les mentionne parfois pour illustrer un propos, mais je ne fais pas de critique de films, tout simplement parce que je suis très mauvaise à cet exercice. Mais I wish déroge à la règle. Par sa poésie, l’histoire m’a touchée et m’a donné l’envie d’en parler ici.

Quelque part, c’est un film typiquement japonais : la lenteur, qui est dans ce cas une qualité, l’esthétique, la construction de l’histoire, le mystique, l’innocence… sont autant d’éléments que l’on retrouve dans d’autres productions japonaises, parfois coréennes ou chinoises. Celui qui s’attend à un traitement cinématographique à l’Occidental sera déçu. J’ai parfois l’impression qu’en matière de fiction, nous fonctionnons toujours sur le modèle des contes de Perrault et Grimm : une situation initiale, un élément perturbateur, des péripéties et une conclusion. Intéressant, mais artificiel. I wish se distingue, en revanche, par son authenticité. Et c’est pour cela qu’il faut garder un oeil sur Hirozaku Kore-Eda. Il nous livre une tranche de vie pleine de candeur et d’émotion. Si on peut parfois avoir l’impression de perdre le fil conducteur ou de s’éloigner du projet des deux frères, ce n’est que pour mieux y revenir. Tous les personnages apportent quelque chose : les enfants qui poursuivent leurs rêves, les parents qui essaient de retrouver leur place, les grands parents qui tentent de préserver un mode de vie. Au final, tout revient à la même chose : l’émotion, ce qui nous fait nous sentir vivant.Pendant la projection, j’ai souri, parfois même rit, je me suis sentie embarquée par ce projet un peu fou et plein d’espoir de deux enfants qui veulent reconstruire une famille tout en trouvant leur propre chemin. Quand les adultes disent que les enfants n’ont aucun souci, c’est qu’ils ont oublié ce que l’on ressent à cet âge. Certes, aujourd’hui, leurs inquiétudes nous paraissent dérisoire. Mais je me suis rappelé l’intensité avec laquelle je ressentais tout ce qui m’arrivait, quand j’avais douze ans. Hirozaku Kore-Eda se souvient de ce que cela signifie, grandir, quand le verbe se conjugue encore au futur. Avec beaucoup de subtilité, il dirige les enfants, irrésistibles et drôles, tout en leur laissant suffisamment de marge pour s’exprimer à l’écran et nous embarquer dans cette attendrissante ode au voyage.Servi par d’excellents acteurs (y compris les enfants, dont le jeu et le naturel sont bluffant), une belle histoire, une poésie aussi bien dans la forme que sur le fond et une photographie impeccable et lumineuse, I wish vaut le détour. Le film est long (2h, tout de même), parfois même lent. Mais la cohérence est toujours là. Depuis plus de dix jours, je ne parviens pas à m’extirper complètement de l’univers très doux des voeux d’enfants. Le titre original, Kiseki, signifie “miracle“. Il n’aurait pas pu mieux trouver pour un film qui célèbre la vie.

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5 réflexions sur “I Wish – Un diamant d’innocence

  1. J’adore la bande annonce ça a l’air génial. En plus il y a Abe Hiroshi qui joue dedans.
    Par contre tu pourrais parler de shinkansen plutôt que de franciser en TGV parceque le shinkansen ça n’a rien à voir avec le TGV français tant au niveau des horaires que de la qualité du service à bord (ou du prix).. et shinkansen c’est plus beau.

    • Abe Hiroshi a plutôt un rôle secondaire, il ne faut pas aller voir le film pour lui, tu serais déçue ! Mais j’avoue que c’était amusant de le reconnaître là, alors que je ne savais pas qu’il était au casting !
      Pour la différence TGV/Shinkansen… cela revient à peu près au même. Après tout, TGV n’est que l’acronyme de train grande vitesse. Les métro de Hong Kong, Séoul et Paris sont très très différents, pourtant on leur donne à tous le même nom.

    • Peut être mais j’aime bien qu’on laisse les noms dans la langue d’origine c’est aussi plus beau.

  2. Tu donnes beaucoup envie de voir le film :)

    Petite coquille « les contes de Pernault » ! Le présentateur du JT de TF1 ? Haha !

    • Tant mieux !
      Et… oups ! C’est réparé :) Je fais l’erreur une fois sur deux quand je veux parler de Perrault ! Merci de me l’avoir signalé !

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