Mademoiselle Jane Austen

Jane Austen ornera bientôt les billets de dix livres en Grande Bretagne. La nouvelle fait grand bruit de l’autre côté de la Manche et les médias ont débattu et longuement commenté l’initiative de la journaliste Caroline Criado-Perez. Tout a commencé quand la Banque d’Angleterre a décidé de remplacer Elizabeth Fry par Winston Churchill sur les billets de cinq livres. Il ne resterait alors plus qu’une seule femme, la reine Elizabeth II, sur la monnaie britannique. Une pétition recueillant plus de 35 000 signatures a toutefois convaincu les autorités de donner sa chance à Austen pour remplacer Charles Darwin. La proposition, acceptée, passera par un comité et devrait aboutir à la mise en circulation des premiers billets Jane Austen en 2017.

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Très franchement, l’idée qu’il existe des billets de banque Jane Austen ne me pose aucun problème. J’adore cet auteur, c’est d’ailleurs l’une des seules personnes dont j’ai lu l’intégralité de l’œuvre. Elle représente sans conteste une part de la culture britannique, elle a donc sa place sur les billets britanniques. Ce qui me gêne davantage est le fait que cette initiative soit présentée comme une idée féministe. Et ce pour deux raisons.

Dissection de Jane Austen

La première, c’est que je ne suis pas sûre que je classerais Jane Austen comme une éminente figure du féminisme. Je ne suis pas une experte sur Jane Austen. Mon seul mérite, si on peut vraiment dire que ç’en est un, est d’avoir lu ses six romans. Et, franchement, je ne trouve pas que la plupart de ses protagonistes soient des icônes de la cause des femmes. Faut-il alors comprendre que simplement parce qu’elle est une femme, il s’agit de féminisme  ?

Procédons par méthode : Elizabeth Bennet (Pride and Prejudice) et Anne Elliot (Persuasion) sont effectivement des femmes avec du caractère, du répondant, du bon sens et de l’éthique. Elles ne sont pas parfaites, mais elles apprennent de leurs erreurs et elles ne se laissent pas dicter leur conduite par la peur ou les conventions quand elles considèrent que ce qu’elles font est juste. En revanche, les autres héroïnes de Jane Austen ne me font pas vibrer. Elinor et Marianne (Sense and Sensibility) sont tellement caricaturales qu’elles en deviennent grotesques (ce n’est bien sûr que mon avis, j’ai franchement détesté ce roman, j’avais envie de gifler l’une et l’autre, à tour de rôle). Fanny Price (Mansfield Park) est une jeune femme effacée qui se laisse gentiment marcher sur les pieds par à peu près tout le monde en attendant que son empoté de cousin ouvre les yeux et réalise à quel point elle est amoureuse de lui. Certes, elle ne manque pas de volonté lorsqu’elle se retrouve dans une situation périlleuse, mais, sur l’ensemble du livre, elle ne brille pas par sa force. Emma, du roman éponyme, est une petite intrigante suffisante qui s’amuse à jouer les marieuses dans le voisinage avant que l’affaire ne lui retombe dessus. Et enfin, Catherine Morland (Northanger Abbey) est une gamine immature qui vit dans un monde imaginaire jusqu’au moment où la réalité la rattrape.

Je suis un peu dure avec la plupart de ces personnages, alors que j’ai vraiment aimé ces romans (sauf Sense and Sensibility !). Je suis aussi parfaitement capable de mettre en avant leurs points forts et les raisons qui font d’elles des personnages féminins riches et intéressants. Mais, globalement, je ne vois que deux héroïnes sur six qui peuvent prétendre au qualificatif de féministes. Jane Austen et féminisme, voilà donc une question à creuser ! Car, à première vue, le lien ne me saute pas aux yeux.

Mademoiselle

La seconde raison, c’est la place qu’a occupée cette initiative dans le débat et dans les médias britanniques. L’évènement ressemble un peu au sort du « Mademoiselle » en France. Que l’on ait accordé autant de papier et de temps d’antenne à la question de la légitimité du Mademoiselle me dépasse. Non, Jane Austen sur un billet de dix livres et l’éradication de Mademoiselle ne sont pas des questions féministes importantes. L’éducation moins gender-oriented des filles et des garçons (j’ai quand même un prof d’université qui a soutenu, devant un amphi médusé, que les petites filles ne rêvaient que d’une chose : avoir un pénis. Fallait oser.), le harcèlement sexuel au travail, les inégalités salariales… Oui, ce sont des sujets importants qui méritent qu’on y accorde du temps et des ressources. Mais qu’une femme s’offusque et agresse son interlocuteur parce qu’il a eu le malheur de laisser échapper un Mademoiselle me paraît franchement contre-productif.

Qu’on le supprime des documents administratifs, ça me semble somme toute plutôt logique. Qu’on lui déclare la guerre dans le langage courant, c’est vraiment une perte de temps. Depuis un peu plus d’un an, à chaque fois qu’un homme m’a appelé Mademoiselle, il s’est repris, parfois avec humour, parfois avec une pointe d’inquiétude : « Ah, non, il faut dire Madame maintenant, sinon on se fait engueuler. » Il faudra tout de même m’expliquer en quoi agresser verbalement quelqu’un (femme ou homme, soit dit en passant) pour ce simple mot va faire progresser la cause des femmes. Je parle bien ici de femmes qui s’énervent franchement, pas de celles qui expliquent posément pourquoi ce terme les dérange, ce qui est bien leur droit. En Erasmus à Berlin, je me souviens avoir rencontré un garçon qui s’était fait hurler dessus pendant plusieurs minutes pour avoir complimenté une inconnue dans la rue. Et pas en mode « wesh, miss, joli croupion, t’as un 06 ? » (même si je doute que quiconque dise encore « croupion »). Non, juste un compliment simple et sans arrières-pensées. Sauf que, m’a-t-on doctement expliqué, en Allemagne les féministes ne supportent pas qu’un homme rabaisse une femme à son physique. Encore une fois, il faudra m’expliquer. Parce que moi aussi j’admire les hommes (et parfois même les femmes) dans la rue, ce qui ne m’empêche pas de savoir que ce sont des êtres doués d’intelligence. L’un n’empêche pas l’autre, si ?

Toutes ces digressions pour revenir à Jane Austen. Ce ne sont que des distractions. Et, finalement, ceux qui préfèrent que l’égalité entre les hommes et les femmes ne progresse pas doivent être ravis que les associations et les personnalités féministes se concentrent sur de telles chimères. Parce que coller le doux visage de Miss Austen sur un billet de banque n’aura pas plus d’effet sur les générations futures que de bannir Mademoiselle du langage courant. Parce qu’en dépensant une énergie folle à défendre ces initiatives comme si elles avaient réellement de l’importance, on passe pour des guignoles aux yeux de la majorité des gens. Parce que certaines se croient autorisées à hurler, à tempêter et à agresser leurs interlocuteurs dès qu’ils n’adhèrent pas à leurs idées, au point que n’importe quelle femme finit par être qualifiée d’hystérique si elle débat passionnément d’un vrai sujet.

J’adorerais vivre dans un monde où le seul problème des femmes est l’usage de Mademoiselle ou la question de mettre Jane Austen sur un billet de dix livres. Cela voudrait dire que l’essentiel est fait. Mais l’essentiel est loin d’être fait. Autant les hommes que les femmes sont encore enfermés dans des stéréotypes pernicieux qui peuvent leur empoisonner l’existence. Il y a des changements bien plus significatifs à mener pour espérer atteindre une société égalitaire.

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L’infidélité au féminin

Les parisiens d’origine, d’adoption ou de passage ont sans doute remarqué dans le métro les larges affiches publicitaires aux couleurs acidulés de Gleeden, un site de rencontres adultères. Le sujet n’est pas nouveau. Ces dernières années les experts de l’infidélité se sont multipliés. La particularité des derniers venus : ils s’adressent aux femmes.

Je passerai sur l’opportunité de réaliser de tels affichages. En France, les publicités pour Ashley Madison, un autre acteur du marché qui nous vient du Canada, se sont vues refusées par tous les afficheurs. Les spot TV ont par ailleurs été censuré par l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité pour des motifs de bonnes mœurs religieuses, comme l’explique cet article du Monde. Puritanisme et hypocrisie typiquement française ? Pas tout à fait. Les Belges aussi se sont émus des slogans peu chrétiens que Gleeden étalait un peu partout. Il faut avouer qu’ils ne manquent pas de sel… « Contrairement aux antidépresseurs, l’amant ne coûte rien à la sécurité sociale ». Ou encore : « par principe, nous ne proposons de carte de fidélité. » (Ça, c’est en France apparemment, même si je ne l’ai pas vu moi-même).

D’un point de vue purement marketing, je trouve ça bien réalisé, bien pensé. La carte de l’humour est probablement ce qui fonctionnera le mieux. Vient alors LA question : est-ce que c’est bien ? Je fais partie de ceux qui considère qu’une personne qui a décidé de tromper son conjoint n’a pas besoin d’un site comme Gleeden ou Ashley Madison. Certes, ils fournissent les moyens et je trouve ça moralement répréhensible. Faire du business sur la solitude et le mal-être des gens, à mon sens, c’est juste pathétique. Mais ils sont là. S’ils existent, c’est avant tout parce qu’il y a une demande : le dirigeant d’Ashley Madison s’est lancé sur le marché français après avoir constaté que 850 000 tentatives de connexions sur son site Nord-Américain provenaient de l’Hexagone. Depuis son existence, qui remonte à deux ans, Gleeden revendique plus d’un million d’utilisateurs sur le territoire français.

Là où la campagne m’a surprise, c’est que le site se présente comme le 1er lieu de rencontres extra-conjugales qui cible principalement les femmes. Gleeden ne s’est d’ailleurs pas trompé en imitant le business model du cousin canadien, et cela se retrouve dans son public cible : les femmes actives et mariées, généralement CSP+, de 35 à 50 ans, qui cherchent une aventure tout en restant un minimum courtisée. Le vouvoiement est de rigueur, ce sont les femmes qui donnent le ton. « Tout le monde peut se tromper, surtout maintenant », promet le site. Et surtout, presque sans conséquences. De là à se revendiquer du féminisme…

Gleeden joue sur le facteur « girl power » : c’est Madame qui décide, qui prend en charge sa vie sexuelle et amoureuse. Sur le principe, pourquoi pas. D’un point de vue business, c’est un positionnement intelligent : les hommes n’ont plus le monopole de l’infidélité. Cela correspond à une certaine réalité de notre société. En s’adressant aux femmes sur le ton de la confidence, en soulignant leur capacité de contrôle, le site vise aussi à renverser le cliché de la femme trompée et soumise. Mais l’homme menteur et infidèle est-il un modèle vers lequel on doit tendre pour obtenir l’égalité homme-femme ? Là, je ne suis pas d’accord. Je vois plutôt ça comme un nivellement par le bas.

Le seul point qui me paraît intéressant, avec les sites de rencontres extra-conjugales pour les femmes, c’est qu’ils remettent les pendules à l’heure : un mari cocu est tout aussi banal qu’une épouse trompée. Selon l’une des responsables du site interviewée par les Inrocks, « la femme infidèle est moins bien vue que l’homme infidèle« . J’aurais tendance à croire que c’est vrai. L’homme qui trompe, c’est d’une banalité affligeante. Cela ne porte préjudice à plus personne. Comme l’a souligné la campagne de pub d’Ashley Madison, les quatre derniers chef de l’Etat français ont eu des aventures et des relations adultères. Ce qui ne les as pas empêché d’être (ré)élus. En revanche, l’épouse infidèle commet un péché supplémentaire : elle aime. Alors que l’homme ne répond qu’à un désir physique, et donc négligeable, la société nous dit que la tromperie d’une femme est forcément teintée de sentiments. Ce qui est bien pire.

Ben voyons.

N’importe qui pourra trouver dans ses connaissances des hommes qui font passer les sentiments avant le sexe et, inversement, des femmes qui ne s’intéressent qu’à l’aspect physique d’une relation. C’est fou d’avoir à la répéter encore et encore, mais la situation est loin d’être aussi caricaturale.

Finalement, on dira ce qu’on voudra, mais ce genre de campagne fonctionnent toujours. Que l’on s’indigne ou que l’on cautionne, au moins, on réagit. Les médias relaient l’information, la blogosphère s’agite, les twittos, les instagramer, les facebookiens en parlent… Opération com’ réussie ! Quand à savoir si le site tiens toutes ses promesses, c’est une autre histoire

Féministe ou musulmane

What’s in a name ? Le nom influence-t-il la chose ? Au cours de mes recherches pour mon mémoire sur le féminisme musulman et ses logiques de légitimations, je me suis aperçue que beaucoup de femmes se définissaient comme musulmanes et comme féministes, tout en refusant l’étiquette de féministe musulmane. Au titre que, justement, comme toute étiquette, ce concept les limitait et les enfermait dans un paradigme dont elles ne reconnaissaient pas tous les codes. Certaines, qui mènent de facto des activités de féministes, refusent même ce terme, jugé occidental et péjoratif.

Si les femmes que j’ai interviewées se réclament du féminisme et assument la qualification, elles sont également les premières à reconnaître que porter ce nom a un coût. La sociologue américaine Margot Badran rapporte, dans Feminism in Islam, les paroles d’une étudiante en littérature comparée à propos du terme « féminisme » : « Il semblerait qu’être féministe et être égyptienne est mutuellement exclusif, comme si on rejetait les liens à son propre pays. ». Le féminisme est perçu comme une négation de son identité culturelle et religieuse. En déclarant publiquement leur appartenance au mouvement féministe, les femmes musulmanes ont l’impression de renier tous leurs autres traits identitaires, comme si, on se reconnaissant comme telles, elles affirmaient la supériorité de cet engagement sur tous les autres composantes de leur identité (Egyptienne, musulmane, mère de… ).

Margot Badran souligne que beaucoup ne se retrouvent pas dans le mouvement féministe, considéré comme une étiquette occidentale qui ne permet pas de saisir la complexité de leur engagement. Renoncer à se présenter comme féministe est un choix vers davantage de facilité qui leur permet d’éviter la pression sociale et de se concentrer sur d’autres combats, puisqu’elles n’ont pas à lutter pour prouver qu’elles sont toujours Egyptiennes (ou autre nationalité) et musulmanes. Accepter le « label » féministe oblige en effet à se soumettre à un « devoir de loyauté », comme me l’expliquait l’une des femmes que j’ai interviewée : les féministes musulmanes voient leur crédibilité en tant que membres de la communauté questionnée et assujettie à certaines injonctions : « attention à ne pas vous perdre [i.e. vous écarter du chemin de la foi] » ou encore « [Ne vous laissez pas] instrumentaliser par les ‘blanches’ ». Alors qu’un tel pré-requis à la discussion n’est pas demandé à celles qui ne se présentent pas comme féministes, les féministes musulmanes doivent fournir un certificat de preuve de leur piété et de leur attachement aux valeurs islamiques.

Asma Barlas est une intellectuelle musulmane, généralement décrite comme féministe. Au cours d’une conférence sur le féminisme musulman en 2008, elle a expliqué pourquoi elle refusait le qualificatif. La notion est non seulement trop limitée (« Ne peut-on pas [utiliser partiellement le langage du féminisme] sans automatiquement adhérer à toute une ontologie ou une épistémologie? […] Est-ce que les féministes pensent qu’elles ont découvert l’égalité et le patriarcat ? ») et elle englobe trop de courant de pensées différents. Enfin, Asma Barlas estime que nommer la chose ne fait que lui faire perdre de sa richesse et de sa complexité. D’autant plus que les exégètes islamiques tentent de communiquer avec leur propre communauté. Si un universitaire spécialiste du féminisme saura identifier la spécificité de chaque mouvance, l’essentiel de la communauté musulmane, en revanche, considère avant tout le féminisme comme un produit occidental. Elle conclut ainsi : « C’est le caractère très inclusif du féminisme […] que je trouve à la fois impérialiste et réducteur ». Il est cependant intéressant de mentionner que certaines féministes font la démarche inverse : elles se réclament du féminisme et réfutent un quelconque monopole occidentale de cette notion. Au contraire, elles trouvent dans l’histoire des pays arabes des preuves d’un intérêt pour la question des femmes et l’égalité des sexes bien avant que le féminisme ne soit importé par la colonisation occidentale. L’intellectuelle musulmane Asma Lamrabet préfère ainsi mettre l’accent sur les points communs avec le féminisme occidental plutôt que sur les divergences.

Le terme de féminisme reste cependant très fortement connoté et constitue parfois un obstacle pour les féministes musulmanes qui se heurtent a l’incompréhension, voire à l’hostilité de leur communauté. Elles déploient donc des stratégies pour expliciter leur engagement et le rendre lisible aux yeux des autres musulmans. Un préalable indispensable à toute discussion, m’expliquait ainsi une jeune féministe musulmane : « Avec les mots, il faut toujours prendre la peine de définir ce qu’on entend, que ce soit ‘féminisme’, ‘laïcité’… Si on ne les définit pas, on ne part pas du même point de départ et ça fausse les débats. » Par une approche didactique, en définissant son engagement féministe à ses interlocuteurs avant de poursuivre la discussion, elle parvient à désamorcer les tensions : par exemple en expliquant qu’elle ne conceptualise pas son engagement dans une dynamique de lutte des sexes mais de complémentarité, elle propose une version du féminisme qui ne rentre plus en conflit avec la religion et l’islam. Cette stratégie lui permet de conserver sa crédibilité de croyante auprès de ses interlocuteurs, alors disposés à l’écouter et à entendre ses arguments.

Ce qui l’islam dit sur les femmes

Mon premier contact avec le sujet a eu lieu en 2008, lors d’une conférence sur le féminisme musulman, organisée par une université de Montréal. C’était fascinant. J’étais en stage dans un magazine Québécois et ce fut l’un de mes premiers articles publiés. Mais deux pages ne suffisent pas pour expliquer tous les tenants et les aboutissants. C’est pourquoi, quand j’ai du choisir un sujet de mémoire de recherche, l’année suivante, j’ai décidé de travailler sur le féminisme musulman.
J’ai traité la question plusieurs fois sur ce blog. Aujourd’hui, ce sur quoi j’ai envie d’écrire, c’est ce que dit le Coran à propos de la femme. Parce qu’il y a encore tellement d’idées reçues, aussi bien parmi les athées et les croyants d’autres religions que parmi les musulmans eux-même. Pour ce mémoire, j’ai rencontré des femmes qui se définissaient à la fois comme féministes et comme musulmanes, tout en refusant le concept de « féminisme musulman », trop étriqué à leur goût. Plusieurs d’entre elles sont érudites et toutes sont convaincues d’une chose : le Coran a été utilisé par les hommes qui détenaient le pouvoir et qui voulaient le conserver. L’interprétation du texte qui domine aujourd’hui est davantage le produit des coutumes tribales et de domination patriarcale qu’une lecture honnête et fidèle de l’islam. En clair : le Coran établit clairement l’égalité entre les hommes et les femmes. Mais il est brandit aujourd’hui par tous ceux qui veulent exclure les femmes de la vie civile.
« Dans la religion musulmane, on ne pourra ramener l’égalité entre homme et femme qui existe dans le Coran et dans les hadith [les paroles de Mahomet, le prophète de l’islam] que si on se réapproprie l’islam en tant que femmes, m’expliquait une féministe musulmane. C’est justement l’effort d’interprétation. » Au Xe siècle, un double processus démarre dans le monde musulman : d’une part, les femmes se voient interdire l’accès aux textes sacrés, et d’autres part les autorités religieuses et politiques entravent l’effort d’interprétation de certains exégètes, afin de privilégier les lectures les plus traditionnelles.
De nombreuses femmes dans le monde musulman entreprennent donc, aujourd’hui, de déconstruire ce qu’elles considèrent comme de mauvaises lectures de l’islam et proposent des traductions plus conformes à leur vision de la religion. Mais le droit islamique, qui rassemble les obligations morales et légales auxquelles sont assujettis les musulmans, est particulièrement complexe, d’autant plus que la langue arabe est polysémique : un verset coranique peut ainsi être interprété de manières très différentes, voire contradictoires.
Prenons l’exemple de deuxième sourate, « Al-Baqara ». Le verset 282 aborde la question de la valeur du témoignage d’une femme : « Si le débiteur est gaspilleur ou faible, ou incapable de dicter lui-même, que son représentant dicte alors en toute justice. Faites-en témoigner par deux témoins d’entre vos hommes. A défaut de deux hommes, un homme et deux femmes d’entre ceux que vous agréez comme témoins, en sorte que si l’une d’elles s’égare, l’autre puisse lui rappeler. » Conclusion : la parole d’un homme équivaut à celle de deux femmes. Réponse des féministes musulmanes : Pas si vite ! Ekaterina Yahyaoui Krivenko, docteur en droit au Centre d’études et de recherches internationales (Cerium) de l’Université de Montréal et spécialisée en droit islamique, apporte une autre lumière sur la question : cette sourate s’inscrit dans un contexte très précis, celui des contrats de dettes à échéance. À l’époque de la production de ce verset (VIIe siècle de l’ère chrétienne), les femmes sont très peu éduquées et ne participent pas à la sphère financière. Elles n’en connaissent pas les règles. Les savants musulmans estiment donc à l’époque que si une femme était sollicitée en tant que témoin dans le cadre d’un contrat de dettes à échéance, il valait mieux qu’elle soit accompagnée d’une seconde femme au cas où elle ne comprendrait pas tout. La principale justification de ce verset (et la seule, soutiennent les exégètes féministes) repose donc sur le manque d’instruction des femmes. Or, ce n’est plus le cas aujourd’hui : les femmes sont éduquées, font des études et sont pleinement capables d’être sûres de leur jugement et de leur témoignage. D’autant plus que la sourate 24, « La Lumière », établit l’égalité de jugement entre l’homme et la femme dans le domaine des affaires familiales. Pourtant, les conservateurs ont sorti la sourate « Al-Baqara » de son contexte, l’ont généralisée à tous les types de témoignages dans tous les cas de figure, et ont décidé d’ignorer la sourate 24. Ils ont donné la prévalence à la lecture la plus patriarcale du texte.
Les exemples sont nombreux, je ne les énumèrerais pas tous dans ce billet déjà trop long. En fin de compte, le débat pourrait se résumer grossièrement à ceci : littéralistes vs. modernistes. Les premiers défendent une lecture des textes qui se maintient depuis la fin du Xe siècle et qui est considérée comme la seule interprétation fidèle du Coran et des hadith. Remettre en question cette lecture équivaut à remettre en question le Coran dans son ensemble et toute tentative de réinterprétation est du domaine du blasphème. Les seconds, en revanche, estiment qu’il faut remettre les textes dans leur contexte et utiliser l’ijtihad, un outil proposé par le Coran pour adapter le texte au contexte spatio-temporel des croyants. Mais ça, je vous en parlerai une prochaine fois !

Vie de femmes

« Premiers jours dans mon nouveau boulot, ma collègue m’accueille par cette remarque: vous avez de la chance d’être là, au début, ils ne voulaient pas de femmes parce que ça tombe enceinte. Mais finalement ils ont changé d’avis: les hommes ça coûte trop cher. #viedemeuf »

Tout y est : le sexisme, la bêtise, les idées reçues, une pointe de mépris et un zeste de condescendance. L’anecdote a de quoi faire grincer des dents toute personne pour qui « égalité des sexes » ne sont pas de vains mots. Vingt-sept ans après la loi sur l’égalité entre les hommes et les femmes dans le milieu du travail, il reste beaucoup à faire : les hommes gagnent des salaires jusqu’à 30% plus élevés que ceux de leurs collègues féminines (normal, ça fait des gosses, une femme), la grande majorité des temps partiels et des emplois les moins qualifiés sont occupés par des femmes, les dirigeants restent des hommes, alors que les femmes sont plus nombreuses dans l’enseignement supérieur.

Sur le site Vie de Meufs, animé par le collectif « Osez le féminisme ! », les exemples et illustrations sont légions : chaque femme peut venir raconter en quelques lignes comment elle a été confronté au sexisme. Au delà de l’agacement que me provoque ces anecdotes (pas si anecdotiques), je suis perplexe devant les réactions des uns et des autres dans les commentaires. Je passe sur ceux qui se contentent d’insultes tellement entendues et répétées qu’elles me font autant d’effet que la lecture de l’encyclopédie des champignons de mon grand-père. Beaucoup de ces messieurs (et quelques unes de ces mesdames), cependant, semblent se méprendre sur ce qu’est le féminisme. Quelques uns s’évertuent à souligner que tous les hommes ne sont pas des gros porcs macho et vicelards (ouf !). D’autres essaient timidement de « calmer le jeu » comme s’ils assistaient à une violente dispute. Et enfin, il y en a qui s’insurgent contre les féministes comme on s’emporte contre un enfant trop turbulents. A croire que quand on dit « nous voulons l’égalité des sexes », certains hommes entendent « nous voulons le pouvoir et vous réduire en esclavage, pauvres mécréants ». C’est déprimant ! Qu’y a-t-il d’anormal a refuser d’être discriminée à cause de son sexe ? Est-ce si incroyable de vouloir être jugée sur ses diplômes, son expérience professionnelle et sa personnalité quand on passe un entretien d’embauche ? Pour certains, être féministe est quasiment une tarre, un aveu qu’on est qu’une femme frustrée, amère et aggressive. Et castratrice de surcroît ! Dire qu’on est féministe équivaut parfois à un mini suicide social. On perd toute crédibilité. On ferait presque peur ! C’est d’autant plus dommage que le féminisme n’est pas un combat contre les hommes mais une recherche d’égalité.

Le vote des femmes

En 1945, les femmes obtenaient le droit de vote en France. Alors que la France avait été l’un des premiers pays à instaurer le suffrage universel direct masculin, c’est l’un des derniers pays à avoir étendu ce privilège à la population féminine.

À l’occasion de la journée internationale des femmes le 8 mars, Mariette SINEAU, directrice de recherche au Centre de Recherches Politiques de Sciences Po (CEVIPOF), a donné une conférence sur les grandes tendances du vote féminin de la présidentielle de 1965 à celle de 2007.

En 1965, c’est le début de la télévision, et surtout, de la politique à la télévision. C’est un nouveau média qu’il faut apprivoiser, et les hommes politiques s’y essayent avec plus ou moins de talents. D’un côté, cela permet aux féministes de faire davantage entendre leurs revendications. Elles utilisent cette tribune pour interpeler les politiques et la société française. De l’autre côté, le suffrage universel direct n’aidera pas les femmes qui veulent entrer en politique, et la fonction suprême reste dominée par les hommes. Il faut attendre 1974 pour qu’une femme se présente à l’élection présidentielle. À partir de la présidence de Mitterrand, chaque élection verra une femme candidate. Cependant, la différence avec 2007 est que c’est la première fois qu’une femme représente un grand parti avec de sérieuses chances de victoire.

De droite à gauche

Après la guerre, la grande peur qui domine la politique française (et occidentale) est celle du communisme. Les hommes de la troisième République sont réticents à laisser les femmes voter, car ils pensent qu’elles voteront trop à gauche. Or, on constate à l’inverse que les femmes ont tendance à voter plus à droite dans cette période.

De Gaulle, en particulier, bénéficie d’une très bonne audience auprès des femmes : il polarise 55% du vote féminin au premier tour de la présidentielle de 1965 et 61% au second tour. C’est donc la voix des femmes qui permet l’élection du général De Gaulle. Il réalise un score moindre chez les femmes ayant fait des études supérieures. Ce sont surtout femmes âgées, pour des raisons religieuses, qui choisissent le vote conservateur.

Cette corrélation entre la religiosité, l’âge et le conservatisme va perdurer, mais durant la présidence de Pompidou, le vote des femmes opère un revirement vers la gauche qui permettra à Mitterrand d’être élu. Les législatives suivantes assoient encore ce changement : une majorité absolue de femmes accorde sa voix à des candidats de gauche.

Femmes citoyennes

Ce qui a changé, entre De Gaulle et Mitterrand, c’est le niveau socio-économique des Françaises. Elles entrent en masse à l’université, accèdent aux hautes études, et sont de plus en plus nombreuses à devenir salariée. C’est un facteur d’autonomie et de prise de conscience citoyenne.

Dans les années 70, les thématiques féministes deviennent un enjeu important et sont au centre des débats et des programmes. Les mutations sont intellectuelles et idéologiques : baisse des valeurs religieuses, importances des valeurs post matérialistes telle que la libération sexuelle. Des clivages générationnels apparaissent. Les générations nées après 45 vont beaucoup moins à l’Église, elles sont donc moins conservatrices.

A partir de 1995, le genre n’est plus un déterminant majeur du vote. À une différence près : l’extrême droite. Depuis l’entrée électorale du Front National en 1984, les femmes votent beaucoup moins en faveur de l’extrême droite, et ce pour toutes les présidentielles. Ainsi, si en 2002, les si l’on ne prend en compte que le vote féminin, Jean Marie Le Pen n’aurait pas accédé au second tour. Si l’on ne regarde que le vote masculin, il aurait été en tête au premier tour.

Ce refus de l’extrême droit est visible chez deux catégories de femmes : les très jeunes femmes, diplômées et actives, qui s’oppose au FN à cause de son machisme, et les femmes âgées, par conservatisme et religiosité.

Le vote de 2007

Ségolène Royal est la première femme à avoir eu une réelle chance d’entrer à l’Elysée. Elle a eu de particulier de faire usage de son genre, de sa qualité de femme, d’épouse et de mère. C’est une première.

Le vote aussi a changé. On n’observe plus aujourd’hui de différence marquée entre le vote des homme et celui des femmes. La différence aujourd’hui est celle que la sociologie américaine appelle le gender generation gap : chez les jeunes, les femmes sont plus à gauche que les hommes. Chez les personnes âgées, c’est l’inverse, les femmes sont plus à droite. Ainsi, Ségolène Royal a totalisé 60% du vote jeune au second tour de la présidentielle de 2007, et 69% des jeunes femmes. À l’inverse, 70% des femmes de 60 ans et plus ont voté pour Nicolas Sarkozy à ce même second tour. Ségolène Royal est la candidate des jeunes femmes célibataires, Nicolas Sarkozy celui des veuves. Ségolène Royal est la préférée des jeunes femmes actives et urbaines, Nicolas Sarkozy celui des femmes inactives en zone rurale. Et ainsi de suite. Ce clivage est relativement nouveau en France, alors qu’il est bien connu de nos voisins anglo-saxons. La différence religieuse, en revanche, persiste : les catholique continuent de voter majoritairement à droite, et les sans religion à gauche.

Il est cependant intéressant de noter, en guise de conclusion, que le vote des femmes a toujours été indépendant. Pas ou peu d’influence du mari ou du père. En 1945, déjà, les femmes sont majoritaires dans la population française : beaucoup d’hommes sont morts à la guerre. Par la suite, on constate des différences entre les hommes et les femmes à chaque élection. Et elles continuent de bouder l’extrême droite. Pour Mariette Sineau, il n’y a donc aucun doute que les femmes ont toujours et continuent de voter selon leur seule conscience.

La Domination masculine

Le 25 novembre est la Journée internationale contre les violences conjugales. Le film de Patric Jean, « La Domination masculine », a donc choisi son jour pour sortir sur les écrans français. En une heure et quarante-cinq minutes, le cinéaste décortique les rouages de la domination masculine, inculquée dès la petite enfance, jusqu’à ses conséquences les plus terribles : la violence conjugale d’une part, et l’histoire de Marc Lépine, qui a abattu quatorze femmes à l’école Polytechnique le 6 décembre 1989, d’autre part.

Répartition des rôles

La distribution des rôles se fait dès l’enfance. La caméra de Patric Jean se promène dans un magasin de jouet et l’employé de l’enseigne lui sert de guide. D’un côté, explique-t-il, les déguisements de princesses et les reproductions d’objets ménagers, « pour imiter maman et ce qu’elle fait toute la journée ». De l’autre côté, des déguisements et des jouets pour garçons qui évoquent l’aventure et stimule l’imagination.

Dans les livres pour enfants, les mêmes schémas se répètent : les garçons sont représentés à l’extérieur, dynamiques, et les filles à l’intérieur, souvent à la fenêtre. « La fenêtre, c’est la culture du rêve, explique une sociologue. La fille n’a pas d’ambition et se doit d’être spectatrice, c’est une princesse qui attend une protection masculine. »

Tout est ainsi fait pour construire un homme fort et protecteur, tandis que la femme est perçue comme gentille, douce et soumise. Lors d’une séance de speed-dating, une participante explique que le rôle de la femme est de valoriser l’homme, de préférence à son insu. Devant la caméra, elles expliquent toutes chercher des hommes ambitieux et capables, et quand on leur demande ce qu’elles ont à offrir, elles proposent leurs corps et leurs talents de cuisinière. De nombreuses femmes consentent ainsi à minimiser leurs capacités pour ne pas dépasser leur compagnon.

De la domination à la violence

Le cinéaste aborde ensuite la question de la violence conjugale, intimement liée à celle de la domination. La société dans laquelle nous vivons est, selon lui, « le terreau dans lequel se plantent les histoires individuelles ». Une femme meurt sous les coups de son compagnon tous les trois jours. « Est-ce une succession de cas malheureux ? » demande-t-il.

Aux urgences, des femmes de tout âge et de toutes origines acceptent de témoigner de ce qu’elles vivent. 85% des victimes de violences conjugales sont des femmes, rappelle un policier montréalais. Denis a été l’un de ces hommes violents et lutte encore aujourd’hui contre son agressivité. Il affirme que de plus en plus d’hommes prennent conscience de leur violence et cherchent à changer. Mais cela prend énormément de temps. Il se rappelle que sa propre prise de conscience l’a profondément ébranlé, comme « un coup de poing de le ventre », mais qu’il était loin « d’en avoir fini » et lutte encore aujourd’hui.

Les contre-féministes

Le 6 décembre 1989, Marc Lépine tira sur des étudiantes de Polytechniques et en tua quatorze, « par haine des femmes et des féministes », résume Patric Jean. Cet événement, assure un homme appartenant à un mouvement contre-féministe, a été le point de départ d’une contestation de la société « matriarcale québécoise qui castrent les hommes ». De nombreux « masculinistes » condamnent ainsi « la femme Québécoise [qui] prend le rôle du mâle. Elle a tout obtenu et il ne reste plus rien pour l’homme ». « Le féminisme est un crime contre l’humanité », achève l’un d’eux.

Les féministes tentent de lutter contre ces « masculinistes », mais le combat principal, pour elles, c’est de faire tomber « l’illusion que l’égalité est acquise », particulièrement présente chez les jeunes. « C’est une révolution inachevée », affirme une militante. Un homme impliqué dans le mouvement féministe explique que l’égalité signifie une acquisition de droit pour les femmes, mais un renoncement pour les hommes. Ce qui explique qu’ils mettent au point « des stratégies pour conserver [leur] privilèges ».

Dans le quotidien 20 Minutes, Patric Jean résume la situation en ces termes : « On est passé de 0 à 10% de femmes à des postes de responsabilités. Au rythme actuel, il faudrait trois cents ans pour que le parlement français soit mixte. Côté tâches ménagères, les hommes y consentent une minute trente de plus tous les deux ans… Depuis trente ans, les femmes ont des droits équivalents aux hommes. Mais les mentalités doivent encore changer. »

Le site Internet du film : http://www.ladominationmasculine.net/

Le blog de Patric Jean :  http://patricjean.blogspot.com/

SOS BelgiqueSOS FranceSOS Québec

A lire : le livre de Pierre Bourdieu, bien sûr, au titre éponyme.

Femmes en Iran

Sans titre Qui n’a pas suivi les évènements en Iran ? Sans nécessairement se passionner pour les manifestations, tout le monde a au moins aperçu quelques photos, lesquelles font voler en éclat l’image que la plupart des occidentaux, moi comprise, avaient du peuple iranien : soumis au pouvoir politique.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ne le sont pas ! Sans entrer dans la question de la légitimité ou non de l’intervention occidentale (parce que, franchement, même si Moussavi porte l’étiquette réformatrice, ce n’est pas exactement l’opposé d’Ahmadinejad), je trouve ces manifestations intéressantes, car elles provoquent le REUTERS-Caren Firouz débat, brassent les idées et sont tout simplement le reflet d’une génération qui refuse un système qui n’a de républicain que le nom.

Ce qui m’a le plus frappé dans les images des manifestations pro-Moussavi que l’on a pu voir, ce sont les femmes. La femme musulmane est souvent vue par le prisme occidental comme soumises, malheureuses, persécutées. Le code vestimentaire iranien régit ainsi l’habillement des femmes, lui sommant de se couvrir les cheveux et le cou. Les manifestations ont pourtant donné une autre image des femmes iranienne, capables de donner de la voix pour défendre leurs droits.

J’ai rencontré des féministes de confession musulmane, certaines voilées, d’autres non. Leur fraicheur et leur dynamisme laisse vraiment entrevoir des 3629747569_0c17932eb8améliorations tangibles. Rien n’est immuable. Elles donnent envies de croire que les choses changeront bientôt.

Enhardies par les manifestations, points levés et voile découvrant leurs cheveux, elles délaissent l’apparence pour le message qu’elles veulent faire passer. L’issue semble pourtant déjà décidée, le mouvement semble s’essoufler et Ahmadinejad fera sans trop de doute un prochain mandat. Ces quelques images ne s’effaceront pourtant pas de sitôt des esprits iraniens comme internationaux.